Contactée par une amie passeuse, j’ai été amené cette semaine à accompagner l’âme d’un jeune homme de 24 ans, décédé accidentellement d’une chute d’un mur. Il s’agit d’un ami de ses enfants qui se connaissent depuis leur plus jeune âge.

En tentant de se connecter à lui elle fut submergée par les émotions et me demande de prendre le relais pour le début de son accompagnement. Ce travail nous aura amené au delà du simple accompagnement, puisque d’autres actions en découlèrent, que je ne relaterais pas ici, mais pour lesquels nous avons dû également agir. Je me concentrerais uniquement sur l’accompagnement de son âme.

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Me voici donc partie à sa recherche. Je trouve un jeune homme déchiré par la souffrance à l’état pure, alternant entre vouloir détruire le mur avec ses poings et vouloir fuir, sans vraiment le pouvoir.

La prise de contact semble à ce stade impossible, je reste donc en observation pour tenter de comprendre cette incapacité à communiquer. Je me connecte plus en avant et je comprends : ce jeune homme est dans un rêve, ou plutôt un cauchemar et tente de fuir ce dernier en vue de se réveiller, ne comprenant pas que la réalité a rejoint le songe. Je passe en revue son rêve, ou plutôt les visions de sa mort qu’il pense être un rêve.

Il se promène sur un mur pas très haut et assez stable. Marche sur le large mur en sifflant, les bras tendus avec une sensation de liberté et de légèreté. Il se voit plus jeune faire de même. Il se sent tomber du mur, voit sa chute et sa mort. Une personne qui approche et découvre son corps. Les secours qui arrivent et qui l’emmènent. Un déchainement de rage, face à l’évènement, qu’il retourne contre ce mur.

J’entends sans fin : « Il faut détruire ce mur ! Il est dangereux ! » Et une douleur beaucoup plus profonde, vis à vis de sa mère.

Les visions reprennent en boucle et le jeune homme veut se réveiller. Je décide alors d’entrer dans son rêve. Je me présente à lui une fois qu’il me perçoit. Petit à petit en discutant et en agissant sur l’illusion astrale, je lui montre la part de rêve et la part de réalité. Et au fur et à mesure je l’extirpe de son rêve.

J’ai rarement perçu autant d’épouvante à l’état pur lorsqu’il accepte enfin la réalité des faits. Son accident est survenu la veille. Toutes les émotions se bousculent en lui. « C’est une mort complètement con » « J’avais des projets » « Je ne peux pas mourir maintenant » « Je veux voir ma mère » L’accompagnement peut débuter. Ce n’est plus le jeune homme se pensant adulte que j’ai en face de moi, mais un adolescent fragile qui pleure sa mort et qui se révolte contre elle, car il ne peut venir s’excuser auprès de sa mère. Une culpabilité immense qui l’empêche de se centrer. Il souhaite la rejoindre à présent, mais l’énergie de souffrance qu’il dégage est beaucoup trop forte. Et il est déjà très relié au mur. Je comprends que si je ne l’aide pas dans son processus, il deviendra une âme qui hantera ce lieu. PAr ailleurs toutes ces émotions sont celles qu’il aura réprimé toutes ces années, coupé de sa mère.

Je lui explique le processus de transmigration pour la semaine à venir. Je lui parle de mon amie qu’il connait depuis sa tendre enfance, en lui indiquant qu’elle prendra le relais. Je lui conseille d’attendre un peu avant de se présenter à sa mère. Il a besoin de de se blottir dans ses bras physiquement et de lâcher toute sa souffrance sur sa mère comme le ferait tout enfant. Mais je perçois que ce fardeau, déjà difficile à contenir en étant moi même qu’une inconnue risque de trop submerger la mère et ne ferait que rendre encore plus difficile la suite des évènements.Il a besoin de pleurer, de se faire consoler. Je lui propose mon aide. Il me rétorque que je ne suis pas sa mère. Je lui répond, que je ne le suis pas mais en attendant qu’il puisse se connecter à elle, il peut toujours décider que je prenne son apparence dans l’astral. Après tout, je suis aussi une mère. Il se laisse aller dans mes bras et pleure toute sa souffrance, toutes ses dernières années gâchées, ainsi que toutes ces années à venir.

Il pense de moins en moins au mur. J’attends encore un peu puis je décide de couper le lien qui le relie déjà à ce mur. Il est à présent recroquevillé au pied de celui-ci s’appuyant contre lui et pleure en évacuant le plus gros de sa souffrance. Il perçoit encore les douleurs physiques de son corps qui lui brule la colonne vertébrale. Je décide de le couper de cette douleur.

Je contacte mon amie pour qu’elle prenne le relais et accompagne ce jeune homme et sa mère. Le contact a pu reprendre entre elle et ce jeune homme dans une plus grande sérénité.

L’enterrement a eu lieu quelques jours plus tard. Par la suite j’ai appris que ce jeune homme est tombé du mur après s’être assoupi. Un passant qui l’avait aperçu s’assoupir était repassé par la suite et a appelé les secours. Il avait coupé les ponts avec sa famille quelques années plus tôt attiré par de mauvaises fréquentations communautaires. La maman a pu se recueillir au pied du mur avec mon amie et y a déposé des fleurs après avoir fait un travail de nettoyage du lieu. Les personnes présentes ont eu du mal à comprendre la chute mortelle : le mur n’est pas haut, tous les enfants jouent dessus et celui-ci est assez large pour garantir une bonne stabilité assise. Un accident tout aussi tragique que peu probable.

Quoi qu’il en soit, un dernier contact nous a permis de nous assurer que ce jeune homme a pu poursuivre sa route sereinement.

Je te souhaite une belle route jeune homme et sache que nous sommes là pour veiller sur ce que tu sais et nous assurer que ce genre de drame familial n’arrive plus à l’avenir.

Auteur : Souffle

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